Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


L'Œuvre 24 février 1924


L Oeuvre 19240224 gestion calamiteuse de l'Etat 1

Quand M. Reibel s'y met il fait de bonnes opérations



Nous avons publié, le 4 décembre, une note dans laquelle la Confédération Générale des Coopératives de Reconstruction des Régions Dévastées, que préside M. de Lubersac, se plaignait que le gouvernement ne lui eût pas livré le bois qui lui avait été promis sur les coupes exécutées dans les forêts domaniales de Rhénanie.



Le ministère des régions libérées s'est sans doute ému de cette réclamation car il a pris aussitôt des mesures pour fournir le bois qui lui était demandé. Et voici la belle opération commerciale réalisée par les soins de son département




Depuis assez longtemps il disposait dans le Palatinat de 25.000 mètres cubes de sapin en grume de qualité supérieure. Des offres d'achat lui avaient été faites sur la base de 130 francs le mètre cube, ce qui lui aurait fait encaisser une somme nette de 3.250.000 francs, car tous les frais d'abattage, de transport, etc., étaient à la charge des acheteurs.



Au lieu de procéder ainsi, le bureau spécial du ministère, qui a son siège rue de La Trémoille, décida avec les consortiums des scieries :



1° Qu'il ferait faire l'abattage;

2° Qu'il se chargerait du voiturage des bois jusqu'aux voies ferrées ;

3° Qu'il assurerait le transport sur les chemins de fer de la régie franco-belge et des chemins de fer alsaciens;

4° Qu'il prendrait à sa charge les frais de sortie allemands;

5° Qu'il paierait les frais de douane français ;

6° Qu'il donnerait les bois à débiter à plusieurs scieries d'Alsace-Lorraine et paierait le façonnage.



Si l'on additionne les frais qu'exigeront ces diverses opérations, on arrive à constater que le mètre cube de bois en grume reviendra à l'Etat à 310 francs et le mètre cube de bois débité à 425 francs. Or le cours des bois débités était, il y a quelques semaines, de 250 francs environ le mètre cube.



A quel prix va-t-on être obligé de le vendre aux Coopératives pour ne pas perdre ? On se le demande.



Les scieurs eux-mêmes, au cours des pourparlers qu'ils ont eus avec M. Naud, délégué du ministère, ont attiré l'attention de ce fonctionnaire sur le prix formidable auquel reviendraient les bois. Celui-ci s'est contenté de répondre :

Ils reviendront, en effet, à un prix très élevé.



En résumé, au lieu d'encaisser immédiatement plus de trois millions, comme il l'aurait fait en vendant le bois sur pied, l'Etat va être obligé de débourser une grosse somme pour payer les frais dont il assume la charge et il ne rentrera peut-être pas dans son argent.