| L'Oeuvre 12 mars 1924 |
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LE PROCÈS DE MUNICH Comment von Kahr lâcha les conspirateurs après les avoir encouragés Munich, 11 mars. Enfin voici l'ancien dictateur von Kahr devant les juges; non pas en accusé, comme il devrait l'être, mais en simple témoin. Cependant, comme une instruction a été ouverte contre lui, il ne prête pas serment. Néanmoins, il assure, la main sur la poitrine, qu'il ne dira que la vérité. Une pression sur Berlin La Bavière, dit-il, avait le devoir de renverser l'autorité de l'Etat et, dans les milieux nationalistes, on estimait que cela ne pouvait se faire qu'en transformant le gouvernement d'Empire et en créant une force dictatoriale placée au-dessus de tous les partis politiques. Mais jamais, affirme-t-il avec quelque véhémence, nous n'avions songé pour cela à une expédition militaire; nous n'avions uniquement en vue qu'une forte pression politique sur le gouvernement de Berlin. Mais non une marche Par contre, les adhérents au parti de Hitler, dont le nombre croissait considérablement en Bavière, considéraient que le programme ne pouvait être résolu que par la force et par la création d'une dictature ultra-nationaliste Hitler-Ludendorff, que de Kahr, de Seisser et de Lossow tenaient pour funeste. Une marche sur Berlin, dit M. de Kahr, aurait provoqué une action militaire de la France et une invasion par la Pologne et la Tchéco-Slovaquie de l'Allemagne; notre pays désarmé aurait été vaincu dans ce nouveau conflit. De plus, une marche sur Berlin n'aurait eu aucune chance de succès, même si la police et la Reichswehr bavaroises y avaient participé. La prétendue armée nationale levée par les associations de combat manquait de tout équipement, d'armes et de munitions. Un tour de cochon Il passe ensuite aux événements du 9 novembre et à la réunion du Burgerbraü. Lorsqu'il vit Hitler entrer dans la salle, revolver au poing, M. de Kahr se glissa vers MM. de Lossow et Seisser : La police, dit-il, nous a joué un tour de cochon en laissant entrer ici ces individus. Tâchons de nous tirer de ce mauvais pas. Jouons la comédie. C'est ainsi que, contraint par les circonstances, il aurait promis son concours à Hitler sans avoir l'intention de tenir sa promesse. Aussitôt libre, il se rendit dans une taverne où il retrouva MM. de Lossow et Seisser et il prit, de concert avec eux, toutes les mesures pour réduire et désarmer les conspirateurs. A la reprise de l'audience à 3 heures le huis clos est prononcé sur la demande du ministère public. |







































































