| L'Éclaireur du Dimanche 30 mars 1924 |
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Il fallait l'ingéniosité, la grande initiative et le beau talent d'un Paul Tissier, cet admirable artiste si estimé à Nice... et ailleurs, pour réaliser une soirée aussi magnifique que celle du 19 Mars ! Il est difficile de se rendre compte des difficultés considérables, des obstacles qui à chaque instant surgissent devant une semblable mise au point. La somme de travail fournie par Paul Tissier est immense. Car cet artiste a de sa propre main dessiné tous les motifs décoratifs, c'est lui qui a dirigé, pendant plusieurs mois, tous les travaux de cette reconstitution. Ceux-ci ont été récompensés, car pendant un soir, le nom de Paul Tissier venait avec enchantement sur les bouches de milliers de personnes. Le spectacle réalisé fut de toute merveille. Il constitua une vision d'art, comme on en voit peu souvent. Il fit revivre devant nos yeux éblouis, la Chine et le Japon, avec ses couleurs, ses chants étranges que M. Matsuyama a mis en honneur en Europe, ses danses séduisantes ou farouches, ses antiques légendes et leurs personnages de rêve. La première partie du programme comprenait : Les Escrimeurs Japonais par MM. Phu et Ton. Le théâtre populaire chinois, MM. Dong, Ghieu, Kai, Phat, Tho, An, Ngoi, Hag, Nmon et Luu. Les célèbres équilibristes Yamamoto et Koyoshi. On applaudit ensuite: Le cortège de la princesse-fée, et les danses populaires (Madame Seihare M. Takata, du Théâtre Impérial de Tokio) des chants anciens (Mr Yoshinori Matsuyama). Des danses des Cerisiers en fleurs (Mlle Pari, et le ballet japonais). Les légendes nippones. Visions fantastiques : esprits; les lanternes vivantes; les larves; les ombres; l'Ecole de danse de Mlle Loïe Fuller; les masques; le lion; le Samouraï et le génie de la forêt (MM. Phu, Tho, Tuc, Thu et Ton; Mlle Darnova et le danseur O'Breissi). La bataille de chrysanthèmes et la procession en lanternes terminèrent le spectacle proprement dit, avant que ne commençât le bal japonais et le concours de costumes de « Fémina » présidé par M. André de Fouquières. Une fois de plus, le Petrone moderne s'efforce avec infiniment de bonne grâce de décerner la palme à la plus belle. Le choix est difficile, car il ne s'agit, à proprement parler, de costumes; ce sont des pièces dignes des musées, des kimonos et des robes rares, qui sont soumis à l'appréciation du jury. Le bal européen reprend, enfin, ses droits et après ce merveilleux voyage en Extrême-Orient, les tangos, les fox-trotts et les shimmys nous rappellent que nous sommes à Nice et non à Tokio ou Pékin. Durant toute la soirée, l'excellente musique du Conservatoire, sous la direction de M. Botti, son chef, se fit entendre avec succès. A 1 heure du matin, on proclame les prix du Concours de Costumes; voici le palmarès : Cette féerique soirée est une des plus belles que nous ayions eue au cours de la saison et il nous est agréable de féliciter M. Paul Tissier, l'organisateur de cette fête, ainsi que M. A. Donadei, qui en fut le grand animateur. |







































































