| Le Journal des débats 27 mars 1924 |
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GRÈCE L'établissement de la république en Grèce coincidait avec la fête nationale, qui a été célébrée hier, à Athènes, avec un éclat particulier. Après le Te Deum chanté à la cathédrale, les ministres et les députés se sont rendus en corps au Parlement, où la séance solennelle de l'Assemblée a voté à l'unanimité la motion gouvernementale proclamant la déchéance de la dynastie et instituant la République. Des salves d'artillerie ont annoncé l'événement, qui a été salué à l'Assemblée et en ville avec enthousiasme. Les fêtes et les cérémonies dureront trois jours. Le Conseil des ministres signera aujourd'hui un décret amnistiant tous les condamnés politiques et graciant les militaires. M. Papanastasiou a annoncé que le plébiscite aurait lieu le 13 avril, et que l'amiral Condouriotis conserverait sa régence jusqu'à ce que la charte du nouveau régime ait été élaborée. La déclaration gouvernementale : On publie aujourd'hui la partie de la déclaration gouvernementale relative à la politique extérieure Le gouvernement suivra la ligne de conduite tracée par ses prédécesseurs. Elle consiste dans l'application des traités et la consolidation de la paix et, en conséquence, dans l'entente amicale avec tous les pays étrangers. Elle tend en particulier au rétablissement d'étroites relations d'amitié et de confiance avec les trois grandes puissances, à l'amélioration de nos rapports amicaux avec l'Etat des Serbes, Croates et Slovènes, au resserrement plus étroit de nos relations amicales avec la Roumanie, au développement des bonnes relations avec les deux pays voisins, ainsi qu'avec l'Albanie. Le gouvernement continuera cette politique avec d'autant plus d'empressement qu'elle répond à son ardent désir de paix et à son programme démocratique. Le gouvernement contribuera autant que possible à assurer la réussite de la Société des nations. Les intentions du roi Georges II : En apprenant la nouvelle de la proclamation de la République en Grèce, le roi Georges II a déclaré qu'il était fermement décidé à ne pas abdiquer. D'ailleurs il est convaincu que la grande majorité du peuple grec est en faveur de la continuation du régime royaliste, et que cette majorité aura bien raison des politiciens actuels qui ne constituent qu'une petite minorité. |







































































