| Le Petit Écho de la mode 23 mars 1924 |
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LE CHIEN DE LA CONCIERGERIE Au temps de la Terreur, les chiens de la Conciergerie jouaient un grand rôle. Il paraît cependant qu'ils n'étaient pas aussi inexorables que leurs maîtres si l'on considère le trait suivant: Un de ces chiens se distinguait de tous les autres par sa force, sa taille et son intelligence. Ce cerbère se nommait Ravage. Pendant la nuit, il était chargé de garder la cour du Préau. Des prisonniers avaient fait, pour s'échapper, un trou tel que rien ne s'opposait plus à leur projet, sinon la vigilance de Ravage, et l'alarme qu'il pouvait donner. Ravage se tut, et le lendemain on s'aperçut qu'on lui avait attaché à la queue un assignat de cent sous avec un petit billet où étaient écrits ces mots : « On peut corrompre Ravage avec cent sous et un paquet de pieds de mouton. > Ravage, promenant et publiant ainsi sa vénalité, fut un peu déconcerté par les attroupements qui se formèrent autour de lui et les éclats de rire qui partaient de tous côtés. Il en fut quitte pour cette petite humiliation et quelques heures de cachot. |
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