| L'Éclaireur du Dimanche 30 mars 1924 |
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Mélange de réjouissances populaires et de religion cette pieuse tradition qui se continuera aujourd'hui est une des plus charmantes et des plus pittoresques que l'on célèbre chaque année avec une ferveur nouvelle et un éclat tout particulier. Le Comité Conservateur des Traditions Niçoises que préside avec un grand dévouement M. Gaglio, conseiller municipal, assisté de MM. Emile Palmero, Auguste Viret vice-présidents; Ménica Rondelly, secrétaire général, avait organisé un magnifique programme aussi complet qu'attrayant qui contribua grandement à donner à cette fête locale son maximum d'éclat. Aussi pendant les journées des 23, 24 et 25 mars on peut dire, sans être taxé d'exagération, que tout Nice défila devant les éventaires des marchands de << cougourdons », de « nougat », de « ciaudeu », de < begnetta » ou de « tourta de blea ». Pendant toute la durée du « Festin des Cougourdons » la vieille place du monastère connut une vibrante animation. Quoi de plus naturel? Le << Festin des Cougourdons » n'est-il pas la fête du printemps, célébrée au moment où la nature semble se réveiller de son long sommeil hivernal, où tout dans la campagne se couvre de fleurs, où les arbres gonflés de sève se parent d'un tendre et vert feuillage, où les Oiseaux gazouillent dans les buissons touffus? Le « Festin des Cougourdons » n'est-il pas encore la fête des gracieuses midinettes niçoises qui, selon la tradition, grimpent nombreuses ces journées-là par les chemins fleuris, vers la place du monastère e: après la visite de l'église se répandent gaiement autour des éventaires installés sur la place dont les étalages variés et multicolores sont du plus curieux effet. Parmi toutes ces jolies ouvrières qui se pressent devant les marchands de cougourdons longs ou courts, peints ou travaillés au burin, gros ou petits, de formes gracieuses ou bizarres, on n'entend que rires et propos joyeux. Au pèlerinage des midinettes succède le pèlerinage des confréries; services religieux et réjouissances populaires alternent pendant la durée du Festin des Cougourdons, donnant ainsi à cette tradition un caractère tour à tour pieux et séculier, sérieux et amusant qui en fait tout son charme. Devant le succès obtenu, le « Festin des Cougourdons » qui devait se terminer mardi dernier, se continuera encore aujourd'hui dans le décor somptueux et paradisiaque que présente à chaque pas l'antique colline romaine de Cimiez toute verdoyante et parfumée. Nul doute que cette dernière journée ne remporte un gros succès et qu'une foule de promeneurs ne vienne encore aujourd'hui défiler devant les éventaires. Chacun voudra avoir son souvenir, son « cougourdon » dont quelques-uns sont de véritables œuvres d'art, rappelant nos campagnes ou quelques coins pittoresques de la ville, ou bien caricaturant simplement quelques légendes du terroir. J. OLIVARI. |
![]() Reproduction photographique du Cougourdon ouvragé par M. ANTOINE TOSELLI qui a obtenu le premier prix au concours des éventaires. ![]() |








































































