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Le Petit Parisien 13 juillet 1924


Le défilé du 14 juillet et la réponse de Maurice Prax à cette épineuse question

POUR ET CONTRE

Voilà qu'il fait chaud, qu'il fait même très chaud, et que les météorologues nous annoncent froidement (si l'on peut dire) que la chaleur de demain peut être plus forte encore que celle d'aujourd'hui.

Il faut bien dire qu'en pareille saison nous devions nous attendre un peu à cette hausse sur le thermomètre. Dans nos contrées, le mois de juillet est depuis toujours un mois d'été. Depuis toujours l'été passe pour être la plus chaude des quatre saisons.

Comme il fait chaud aujourd'hui, comme il fait le temps qu'il doit normalement faire à la mi-juillet, on va subitement avoir peur que les soldats n'aient trop chaud demain à la revue du 14 juillet... On va songer soudain qu'ils pourraient se trouver bien mal à leur aise en plein soleil, vêtus de laine, chargés de tout le fourniment militaire. On va les plaindre et on va, en haut lieu, « appréhender » des insolations. On va peut-être même délibérer, discourir et réfléchir. On va peut-être même, maintenant qu'on a fait venir du dehors certaines troupes qui doivent prendre part au défilé parisien, maintenant qu'on a engagé des dépenses certaines, on va peut-être avoir l'idée de supprimer la revue. (J'envisage toutes les hypothèses…)

De toutes façons, il y aura maldonne. Nos troupes seront inutilement exposées à une lourde fatigue si la revue a lieu. Si la revue n'a pas lieu, il y aura d'inutiles impairs, des contre-ordres fâcheux, des dérangements superflus et de l'argent perdu…

Les autorités militaires et civiles devraient bien consentir à profiter un jour de la leçon que chaque année le 14 juillet leur apporte... Chaque année il fait chaud le 14 juillet. Chaque année on s'aperçoit que c'est une époque bien mal choisie pour passer une revue et pour planter toute l'armée française en plein soleil... Il est bien certain que c'est un 14 juillet que nos aïeux ont pris la Bastille... Mais ce n'est pas une raison pour faire prendre des coups de soleil à tout le peuple français à chaque 14 juillet, jusqu'à la fin du monde…

Il faut donc supprimer la revue du 14 juillet?.... Oui! A mon avis, il tombe sous le sens qu'il faut, le 14 juillet, supprimer la revue… Mais il ne faut pas, pour cela, supprimer la revue. Il ne faut pas priver les Parisiens, ni les provinciaux, ni même les soldats, de ce spectacle national et émouvant…

Il faut décider, tout simplement, que désormais notre grande revue annuelle aura lieu à une date qui est comme le 14 juillet une date historique et glorieuse: le 11 novembre…

Tout le monde alors sera content et nos soldats ne risqueront pas de tomber, épuisés et écarlates, sous les coups furieux de Phébus... Phébus ne se met en colère, chez nous, que l'été...

Maurice PRAX.


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