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la chronique de Maurice Prax 14 juillet 1924


POUR ET CONTRE

Voyons la France: du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. Parcourons-la. Visitons ses villes. Arrêtons-nous amicalement dans ses villages. Flânons à travers ses campagnes. Partout, partout, l'impression est la même: Quelle paix! Quelle tranquillité! Quelle sagesse!…

On ne voit que des braves gens attachés à leur tâche et à leur quotidienne vie. On n'entend que des propos de raison. Je ne veux pas dire, bien entendu, qu'on ne rencontre que des gens heureux. Mais les malheureux eux-mêmes parlent avec sérénité, du moins avec bon sens... A la ville comme aux champs, on bavarde. A la ville comme aux champs, on sourit et volontiers on plaisante. A la ville comme aux champs, les hommes taquinent les femmes; et les femmes ne sont embarrassées, ni à la ville ni aux champs, pour leur répondre avec malice et grâce. Les enfants, partout, sont gais et soignés…

La douceur d'une petite ville de France est chose infinie. L'apaisement d'une campagne de France est chose miraculeuse. On respire de la quiétude. On boit du silence. C'est une eau fraîche qui désaltère l'esprit et lave la cervelle. La terre de France, les pierres de France sont imprégnées de tranquillité, de sagesse, de mesure... Sur tous les fronts des Français, on devine réflexion et patience…

Les étrangers qui viennent chez nous sont tous immédiatement conquis par le calme communicatif de notre pays, par son sang-froid, par son ordre instinctif, par sa plaisante manière de vivre... Ce n'est qu'un cri chez tous les étrangers qui ont voyagé en France: « La France est un étonnant pays admirable de santé, qui n'a ni fièvre, ni langueur, ni désordre, ni folie... » Et ce sont les représentants de ce doux pays qui passent leur temps à se jeter à la figure des violences, des injures et des encriers?…

Et c'est dans la salle où se réunissent les représentants de ce tranquille pays qu'on se bat du matin au soir, qu'on se déchire, qu'on s'assomme ?... Et nous constatons, ahuris, que les « violences et voies de fait » qui sont choses fort rares en France et qui sont, du reste, choses réprimées immédiatement par les tribunaux, sont à l'intérieur du Parlement monnaie courante ?…

Nous sommes bien obligés de dire que nos représentants ont une drôle de façon de nous représenter. Si nous étions tels qu'ils nous « représentent », si nous agissions comme eux, si nous vivions, en France, comme nos « représentants » vivent aujourd'hui au Parlement, notre pays serait, en vérité, un enfer à côté duquel celui de Dante ferait figure de Paradis terrestre.-

Maurice Prax.


retour - back 03 août 1924