| Comœdia 24 août 1924 |
![]() |
|
Mesdames, messieurs, les trois gentlemen que vous voyez ici ne sont pas en chair et en os comme vous seriez tentés de le croire. Ils ont été fabriqués de toutes pièces avec du carton, de la peinture, de l'osier, du drap, de la toile et du cuir, assemblés suivant les principes qui, de toute éternité, ont servi au Créateur et aux tailleurs et aux bottiers qui sont sur cette terre ses collaborateurs. Devant la précarité de notre enveloppe terrestre, Victor Goursat a pensé, après les Egyptiens, qu'il convenait de l'éterniser par une fidèle reproduction. Des tentatives de cet ordre ont déjà été faites à l'aide du bronze, du marbre, de la pierre, de la toile peinte ou de la photographie. Vous en connaissez les piètres résultats. Les arts linéaires ne peuvent prétendre à emprisonner la vie dans leur monde à deux dimensions. Quant aux arts plastiques, s'ils ont une troisième dimension, c'est en vain qu'ils essayent d'adapter l'immobilité de la matière au mouvement par quoi, justement, se traduit tout principe vital. Victor Goursat a donc tourné ces difficultés en donnant à ses créatures une carcasse souple, un visage colorié, et en les habillant non plus de redingote de bronze et pantalons de granit, mais de bon drap d'Elbeuf et de chevioté anglaise, voire de drapella ou d'organdi. Car il crée aussi bien des femmes que des hommes. Jusqu'à présent, il a mis au monde, outre les trois Parisiens susnommés, Mmes Vera Sergine, Spinelly, Parisys; MM. Letellier, Sem, Lucien Guitry, Paul Poiret, etc... J. de C. |
| Retour - Back 24 août 1924 |







































































