| Excelsior 17 août 1924 |
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LA CONFÉRENCE DE LONDRES A PRIS FIN HIER SOIR SUR UN ACCORD GÉNÉRAL Dortmund et Mannheim seront évacuées dès la signature définitive de l'accord intervenu à Londres. La Ruhr sera évacuée dans un délai d'un an à partir de la mise en application du plan Dawes. Telles sont les conditions de l'accord; elles sont précisées dans des lettres échangées entre les délégations française et belge, d'une part, et la délégation allemande, de l'autre. M. HERRIOT SERA DE RETOUR A PARIS LUNDI SOIR ET LE CONSEIL DES MINISTRES TIENDRA UNE RÉUNION LE LENDEMAIN La Chambre et le Sénat sont convoqués pour jeudi, à 15 heures. LONDRES, 16 août. Les chefs des délégations alliées se sont réunis ce matin à 10 h, 30 à Downing Street. Ils ont été mis au courant des conversations d'hier relatives à l'évacuation militaire de la Ruhr. Les ministres français, belges et allemands ont eu ensuite une longue entrevue. Puis, une réunion interalliée a eu lieu de 15 h. 30 à 17 h. 30. A 18 h. 30 a commencé la dernière séance plénière de la conférence internationale. Elle a été suspendue pour le dîner et reprise à 21 heures. C'est à 21 heures qu'ont été signés les documents officiels suivants : Lettre adressée au Dr Marx par MM. Herriot, Theunis et Hymans Monsieur le chancelier, Nous avons l'honneur de vous donner connaissance de la déclaration suivante que nous faisons au nom de nos deux gouvernements: Déclarent: Que, si les accords de Londres, librement consentis pour la mise en oeuvre du plan des experts, sont appliqués dans l'esprit de loyauté et de pacification qui a inspiré les délibérations de la conférence, ils procéderont à l'évacuation militaire du territoire de la Ruhr dans le délai maximun. d'un an à partir de ce jour. Veuillez agréer, monsieur le chancelier, les assurances de notre haute considération. HERRIOT, THEUNIS, HYMANS. » La réponse de la délégation allemande « Monsieur le président du Conseil, J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre de ce jour, par laquelle vous m'avez transmis la déclaration des gouvernements français et belge concernant l'évacuation de la Ruhr. En même temps, je tiens à exprimer aussi ma conviction qu'il serait désirable de hâter le plus possible l'évacuation militaire, afin de la déterminer avant la date fixée par vous. Je me permets d'espérer que les gouvernements français et belge tiendront compte de ce point de vue. Veuillez agréer encore une fois, monsieur le président du Conseil, l'assurance de ma très haute considération. » Les conditions de l'accord MM. Herriot, Theunis et, Hymans ont, en outre, adressé au D' Marx une nouvelle lettre ainsi conçue: Monsieur le chancelier, Et voici la réponse de la délégation allemande : « Messieurs les présidents du Conseil, J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre de ce jour, par laquelle vous confirmez qu'au lendemain de la signature définitive de l'accord de Londres l'évacuation militaire de la zone de Dortmund à Horde, ainsi que celle des parties des territoires occupés depuis le 11 janvier 1923 et situées en dehors de la région de la Ruhr seront ordonnées. Je suis heureux de dette décision que, confiant dans les accords intervenus, vous avez prise pour rétablir la paix.
Le gouvernement allemand est décidé à se laisser guider par le même esprit. Il espère que l'exécution de cette décision marquera le commencement d'une ère nouvelle qui nous conduira à une évolution pacifique et fructueuse des relations entre nos pays, Veuillez agréer encore, messieurs les présidents du Conseil, l'assurance de ma très haute considération. » MARX.
Ajoutons que, en ce qui concerne les matières colorantes, le gouvernement allemand en garantirait la livraison par ses industriels jusqu'en 1928. La ratification des Parlements est nécessaire : Le protocole de clôture de la conférence a été seulement paraphé par M. Herriot, Le président du Conseil, conformément à ses engagements, en soumettra le texte au Parlement, qui sera convoqué pour jeudi et ce n'est qu'après ratification par les deux Chambres que M. Herriot apposera définitivement sa signature sur cet instrument diplomatique, dans un délai de dix jours. M. Herriot reviendrait à Londres pour vingt-quatre heures, en vue d'accomplir cette formalité. Les Allemands useront de la même procédure. Ils pensent faire voter les lois nécessaires à l'application du plan Dawes dans un délai de trois jours. M. Herriot rentre à Paris lundi : M. Herriot et la délégation française quitteront Londres lundi matin pour rentrer à Paris via Dieppe, où ils arriveront à 15 h. 24, pour être à 17 h. 58 à la gare Saint-Lazare. Le Conseil des ministres se réunira mardi prochain à 10 heures du matin à l'Elysée. M. Herriot, président du Conseil, mettra le président de la République et ses collègues du cabinet au courant des résultats définitifs de la conférence de Londres. Le chancelier Marx prêt à dissoudre le Reichstag s'il n'obtient pas la majorité LONDRES, 16 août. Le chancelier Marx a déclaré, cet après-midi, à MM. Herriot et Theumis, qu'il n'était pas certain que le Reichstag ratifie les accords de Londres relatifs à l’évacuation militaire de la Ruhr. Il a toutefois déclaré que si ces accords étaient repoussés par le Parlement, il était bien décidé à user du droit de dissolution du Reichstag qui lui est donné par la Constitution de Weimar. Le président Ebert est. d'ailleurs, entièrement d'accord, à ce sujet, avec le chancelier. Commentaires britanniques : Le point de vue de la Westminster Gazette est que le plan Dawes est incompatible avec la continuation de l’occupation de la Ruhr. Ce journal souligne que si ce plan échoue, les conséquences politiques pour le gouvernement de M. Herriot seraient certainement plus sérieuses, que celles d'une différence de quelques mois dans les dates de l'évacuation. (Suite de la 4ème colonne page 1.). le Daily Telegraph remarque l'impossibilité dans laquelle se trouvait M. Herriot d'aller plus loin. sans provoquer en France une crise ministérielle. Or. la chute de M. Herriot à l'heure actuelle, poursuit ce journal, serait une catastrophe des plus graves (de première grandeur), et les Allemands, moins que personne, ne peuvent la désirer. Dans les affaires d'Europe, conclut le Daily Telegraph, on peut envisager maintenant l'avenir avec confiance. Dans sem éditorial. le Daily Telegraph écrit que l'on peut s'attendre d'ores et déjà à l'évacuation immédiate de Dortmund et de Ruhrort, et pense aussi que altitude des délégués allemands pourrait miter, le cas échéant, les Francais et les Beiges à concéder des mesures susceptibles de calmer l'opposition des nationalistes. La presse allemande BERLIN, 16 août. La presse se montre ce matin plus optimiste. Les journaux s'efforcent aujourd'hui de convaincre leurs lecteurs que les avantages obtenus jusqu'ici par la délégation allemande sont tels que la question de savoir si la Ruhr doit rester occupée deux ou trois mois de plus ou de moins perd de son importance. Les journaux relèvent que, d'après les dernières nouvelles de Londres la question de l'évacuation militaire n'est plus liée à la conclusion d'un traité de commerce et qu'à cet égard l'Allemagne reprend toute sa liberté d'action. La Gazette de Voss écrit : Le gouvernement d'empire considère que les concessions faites à l'Allemagne constituent un grand progrès, et il n'est pas sans importance de noter que ce sont précisément les ministres originaires des territoires occupés qui insistent pour qu'une entente soit réalisée. D'un autre côté, l'industrie estime qu'il est très avantageux pour elle que la question de l'évacuation et le traité de commerce ne soient plus liés ensemble. L'attitude des nationalistes La presse de droite, par contre, persiste à repousser toute idée de compromis. Le rapport Dawes est absolument acceptable avec un délai d'un an, dit la Gazette de la Croir. La Deutsche Tageszeitung écrit: C'est l'affaire du gouvernement d'empire de savoir comment il va s'entendre avec le Reichstag, mais la vengeance reste notre but, et nous veillerons à ce que la haine contre nos ennemis se multiplie. Les nationalistes ont déposé au Reichstag une motion d'urgence pour les territoires occupés, demandant que le gouvernement d'empire réponde par un non catégorique à la prétention des Alliés de n'évacuer que dans un délai d'un an les territoires de la Ruhr. Le Lokul Anzeiger publie une déclaration émanant des milieux dirigeants nationalistes dans laquelle il est dit notamment : « Il semble malheureusement que le président et le gouvernement d'empire alent admis le point de vue français dans la question des délais d'évacuation. Cela constitue une volte-face complète en l'espace de vingt-quatre heures, puisqu'on affirmait encore hier vendredi que l'Allemagne ne pouvait absolument pas admettre les prétentions françaises. Les journaux libéraux : le Berliner Tageblatt excepté, continuent dans leurs commentaires sur la conférence de Londres de s'efforcer de faire comprendre au public que la délégation allemande ne pouvait faire autrement que, d'accepter le délai d'évacuation d'un an. |
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