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L'Écho de Paris 25 mai 1924


Une autre vision de l'espoir pour l'Europe

LES DECLARATIONS DE M. HERRIOT AU «VORWAERTS

M. Herriot, président du conseil désigné, vient de définir, devant un représentant du Vorwaerts, la conduite qu'il suivra dans les affaires allemandes. Du discours qu'il a tenu se dégagent les cinq propositions suivantes :

1° Le problème des réparations peut être réglé à l'aide des formules recommandées par les experts ;

2° Les républicains allemands trouveront dans le nouveau ministère français un interlocuteur accommodant, mais les communistes aussi bien que les nationalistes francs ou masqués devront se tenir l'écart ;

3° Les négociateurs français aussi bien que les négociateurs allemands devront faire état de certains faits autant que de certains sentiments particuliers. Entendons par là sans doute que table rase ne peut être faite du passé, que, du côté français, des précautions sont de mise dont le bien fondé devra être accepté par le Reich. Nous espérons ne point détourner de leur sens les paroles de M. Herriot en les interprétant de cette manière ;

4° Grâce à son économie plus robuste que celle de la France, l'Allemagne est capable de payer les réparations sans en être écrasée ;

5° Nous ne connaissons ni Ludendorf ni la grande industrie. Nous ne sommes nullement en sympathie avec eux. C'est du peuple allemand que nous attendons l'établissement de la paix.

Tel est le programme. Sans doute une forme plus précise lui sera-t-elle donnée plus tard : des atténuations ou des réserves peuvent survenir. Mais, énoncé dans les termes sommaires qui viennent d'être transcrits, aucun doute n'existe quant aux deux postulats fondamentaux dont il procède :

Les républicains allemands sont encore de taille à gouverner l'Allemagne séparés des communistes et des nationalistes, ils ont le pouvoir d'assurer le paiement des réparations. Ainsi apparaît la thèse à laquelle le ministère de demain se liera rapidement,

Son principal défaut est d'aller contre toute l'expérience acquise. On ne peut dire que les « républicains allemands soient les vrais maîtres du Reich, même en ne tenant pas compte des dernières élections, même en admettant qu'il y eut maldonne, le 4 mai.

Par exemple, une grande complaisance est nécessaire pour taxer de « républicains » le centre catholique et le parti populiste. Les hommes de ces deux groupes, disait M. Kautzky, dans un article déjà cité, ne paieraient pas de leur personne pour défendre le régime de Weimar s'il était en péril. Quant au socialisme, à supposer que son dévouement aux institutions actuelles soit incontestable et puisse, dans le malheur, être poussé jusqu'à l'héroïsme, à supposer qu'il soit vraiment résolu à faire exécuter les clauses de réparations, on est en droit de se demander si, placé à la tête du Reich, il saurait lui imposer la discipline et le travail qu'exige nécessairement le paiement de sommes importantes.

Les dernières années attestent que, maître de l'Etat, le socialisme a porté dans tous les départements le gaspillage et la corruption. Le premier geste des hommes qui relevèrent l'Allemagne, en novembre 1923, fut de lui fermer leurs conseils. Ces vérités sont déplaisantes. Mais à quoi bon se payer de mots ? Au point où en sont aujourd'hui les affaires, nous ne pouvons plus guère échapper à l'expérience du rapport des experts, à moins que les Allemands, dans l'avenir proche, ne soient frappés de folie et ne cèdent à la plus aveugle passion.. Conduisons tout au moins cette expérience dans les conditions définies à maintes reprises par M. Poincaré. Pour le cas d'une nouvelle faillite, soyons assurés de quelque recours.

PERTINAX.


retour - back 25 mai 1924