| L'Écho de Paris 15 juin 1924 |
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A MON AVIS Un ami me faisait remarquer avant-hier, à Versailles, avec quelque irrespect mais non sans vraisemblance, que les choses se passaient sensiblement ici comme pour la Cérémonie du « Malade Imaginaire »… Vous savez les rites de cette Cérémonie, à la Comédie-Française ou à l'Odéon, et qu'elle est surtout un prétexte, pour le public, à voir défiler un à un sur la scène, et à y accueillir suivant ses préférences, chacun des artistes de la maison. Nous avons vu de même les principaux acteurs du Luxembourg et du Palais-Bourbon, à cette représentation de gala donnée en l'honneur du futur président de la République, paraître les uns après les autres, les grands premiers rôles, les utilités et les « pannes », monter à la tribune pour y déposer leur bulletin de vote, L'exemple le plus significatif ne fut-il pas celui de M. Chéron? M. Chéron a obtenu, de l'avis unanime, le plus grand succès de la journée. Or, sans vouloir diminuer en rien sa valeur personnelle, il semble bien qu'à première vue il n'ait mérité « ni cet excès d'honneur, ni cette indignité »… Mais voilà: M. Chéron est populaire, c'est une « rondeur », il agit sur le public, cela ne se discute pas, c'est un fait. Et j'en sais beaucoup, parmi les parlementaires, qui lui sont peut-être supérieurs, par l'esprit sinon par la barbe et la corpulence, et qui, au cours du défilé, ne produisaient pas le moindre petit effet, la « tape »… Tout cela, hélas! c'est du théâtre, et ce n'est même pas du très bon théâtre... Et quand on pense que la pièce qui se joue, c'est le Bonheur de la France!... Franc-Nohain. |
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