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L'Oeuvre 12 juin 1924


La démission du président de la République commentée par les journaux étrangers

L'OPINION ÉTRANGÈRE

La démission de M. Millerand

En Angleterré la Morning Post, conservatrice est à peu près seule à déclarer que M. Millerand « se retire avec honneur ».

La libérale Daily Chronicle écrit par contre : La carrière du président Millerand était bien liée à celle du parti réactionnaire qui a été battu aux élections. M. Millerand s'est identifié publiquement avec une politique qui avait pour but l'agrandissement de la France aux dépens des Alliés, de la paix européenne et de ses propres contribuables. Comment Herriot pouvait-il espérer mener à bien la grande tâche qu'il a devant lui sous un président qui, non seulement n'avait pas de sympathie pour lui, mais qui allait contrarier ses projets à chaque instant? Sa ferme attitude, nous l'espérons, va aider à rallier autour de lui les divers groupes sur lesquels il doit compter et donnera plus de force au gouvernement qu'il va être appelé à former.

Le Star croit que M. Painlevé remplacera M. Millerand. L'Angleterre, ajoute ce journal, n'a aucune raison de pleurer M. Millerand, ni de se lamenter sur l'échec de son plaidoyer ingénieux en faveur d'une sorte de septennat de droit divin pour les présidents élus. Les rois eux- mêmes peuvent tomber quand ils n'interprètent plus l'esprit des peuples; un simple président, qui affirme sa volonté autocratique, court des risques encore plus grands.

Pour l'Evening Standard, c'est M. Doumergue qui sera président, « M. Painlevé ayant été trop directement mêlé à la crise politique ». Il est toutefois possible, dit ce journal, qu'on assiste à la nomination d'un troisième candidat de l'ancien type non politique, représenté par MM. Loubet et Fallières. Un troisième candidat serait alors choisi afin qu'il soit entendu que la présidence de la République reste au-dessus des luttes de partis.

Ce qu'on dit en Italie…

Le Mondo écrit : Les gauches françaises ont démontré hier que la France est toujours un organisme sain et sensible, que sa conscience nationale, múrie à travers l'expérience de la guerre, a sa pleine et légitime manifestation dans les institutions républicaines.

L'Epoca, de son côté, déclare : La France, en reprenant ses traditions démocratiques, reconquiert les sympathies qu'elle avait perdues. Si vraiment l'Allemagne prépare une nouvelle guerre, la situation de la France ne sera pas affaiblie, mais renforcée par la politique de M. Herriot, qui rendra aux Français la sympathie des Anglais et des Russes, sans parler des autres peuples.

... et à Berlin
Le Tag nationaliste reconnaît qu'il sera plus facile de négocier avec un Herriot ou un Painlevé qu'avec un Poincaré ou un Millerand et que la disparition de «ces fossoyeurs de l'Europe amènera une certaine amélioration ».

Le Lokal Anzeiger, autre organe nationaliste, ne croit pourtant pas que la chute du président puisse modifier la politique extérieure de la France.

Par contre toute la presse de gauche se réjouit de la disparition « d'un dangereux obstacle à une politique de conciliation

. Le socialiste Vorwaerts écrit: Il faut que l'on comprenne enfin en Allemagne que nous sommes arrivés à un tournant décisif des destinées de l'Europe et qu'il s'agit d'empêcher à tout prix que, du côté allemand, les agissements des nationalistes et des communistes ne dressent de nouveaux obstacles.

Le Berliner Tageblatt déclare : M. Millerand s'est enfin décidé à abdiquer et la place est libre pour un nouveau président. Espérons que celui-ci ne sera pas seulement le président d'une nouvelle majorité parlementaire, mais le président d'une nouvelle époque.

La Morgen Post admire la clarté et la grandeur avec laquelle s'est accomplie en quelques jours une révoluticon d'une importance peut-être mondiale « dans un pays possédant une éducation politique et des traditions parlementaires ».


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