| La Justice 29 juin 1924 |
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Au pied du Mur! Paris, le 28 juin 1924. La crise générale, provoquée par les élections, est terminée. On a changé de Président de la République. Un nouveau ministère dirige la politique vers une orientation nouvelle. Tout s'est tassé sans effusion de sang, sans même provoquer de grandes émotions populaires. La guerre nous a rendus philosophes. On s'habitue à tout. Il n'y a plus que des révolutionnaires en chambre et les fabricants de discours semblent eux-mêmes fatigués de dépenser leur salive en pure perte. Le pays républicain a mis une grande dose d'espoirs dans le ministère Herriot, en comptant qu'il aura quelque chose dans le ventre. On lui fera donc crédit un certain temps. Mais le président du Conseil et ses collaborateurs auraient tort de croire à la résignation du public devant la nouvelle aventure ministérielle. Si M. Herriot se laisse aller à continuer les errements de ses prédécesseurs, c'est-à-dire à ménager la chèvre et le chou, à vivre d'expédients pour essayer de contenter tout le monde, il n'en aura pas pour longtemps. S'il veut vivre et conquérir la reconnaissance populaire, il lui faudra chambarder sérieusement pas mal de choses et pas mal de gens; il lui faudra se montrer homme d'action et non discoureur. Deux questions priment tout aux yeux du pays: la vie chère et les impôts, c'est-à-dire la réduction des charges par la suppression de toutes les dépenses inutiles, la poursuite énergique des tripoteurs et une répartition des impôts proportionnelle à la fortune. Le reste n'est que foutaise. Nous serons bientôt fixés sur ce qu'on peut attendre de M. Herriot ! |
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