| Comœdia 01 juin 2024 |
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Pour la diffusion du film français au Canada Comœdia s'est à plusieurs reprises occupé des possibilités d'expansion qu'offre à la production française le Canada. Voici une occasion nouvelle fournie à nos éditeurs d'exposer leurs films, de les faire apprécier et partant de les voir acheter dans ce pays ami. Mon confrère et ami M. Max Rateau m'écrit à ce sujet : Vous vous êtes toujours occupé d'une façon très active de la diffusion du film français à l'étranger. Je viens vous apporter aujourd'hui une nouvelle occasion de développer un courant d'échange avec un pays où le film français a de très grandes chances de réussite Vous n'ignorez pas que le 23 août s'ouvrira à Toronto (Canada) la 466 foire internationale, et que, pour la deuxième fois, une section française (patronnée par le ministère des Affaires étrangères, le ministère du Commerce, etc., sous la présidence de M. le sénateur G. Menier) y figurera en bonne place. Le Comité canadien de cette exposition vient d'adresser une autorisation de projeter dans la section française même, des films cinématographiques. Je crois donc qu'il y a là une occasion excellente d'ouvrir directement à la production française le marché canadien, qui a été jusqu'à ce jour englobé, mais à tort, dans le marché des Etats-Unis. Les deux races et les deux mentalités canadiennes (Canadiens français et Canadiens anglais) professent toutes deux une égale sympathie pour la France. La province de Québec nous est toute acquise, et aime tout ce qui est art et production français. Les huit provinces anglaises nous aiment également, et nous l'ont prouvé pendant la guerre par les sacrifices énormes d'hommes et d'argent qu'elles ont consentis; elles n'ont malheureusement avec nous qu'un contact très éloigné, et passé aux filtres anglais, américain et surtout germano-américain. Leur plus vif désir est d'être en rapport direct avec nous, mais personne n'a consenti jusqu'à présent à faire les efforts nécessaires, parce qu'on ne connaît pas les Canadiens, et qu'on ne se doute pas du désir qu'ils ont eux-mêmes de se rapprocher de nous. Le marché canadien pour le cinéma est proportionnellement tout aussi important que celui des Etats- Unis. Le nombre de salles de spectacles est considérable; les firmes d'éditeurs, par contre, sont très peu nombreuses, et la production est elle-même très limitée. Le Canada est alimenté en films par les Etats-Unis, parce que, seul, ce pays s'occupe de les Jui fournir. L'écran dont disposera du 23 août au 6 septembre la section française de la Foire internationale de Toronto sera vu par les 1.500.000 visiteurs de la Foire. Plusieurs films pourront passer chaque jour, car la Foire est ouverte de 9 heures du matin à 10 heures du soir sans interruption. C'est donc une occasion excellente de présenter directement au public canadien les créations de nos grands artistes cinématographiques. D'autre part, cinq jours avant l'ouverture officielle de la Foire, la section française sera ouverte pour les seuls acheteurs, en dehors du public. Le Comité de la section française a obtenu l'entrée en franchise des films destinés à être projetés dans la Foire, les frais pour les producteurs français seront donc de ce fait, extrêmement réduits. Je pense que les producteurs de films profiteront de cette facilité pour faire voir au public canadien ce dont nous sommes capables ici, et je ne doute pas du succès. Je serais très heureux, en ce qui me concerne, de centraliser à Paris les demandes des intéressés, de faire visionner leurs films par M. Paul Balbaud, secrétaire général du comité, très au courant de la mentalité canadienne, et qui désignera immédiate ment ceux qui pourront réussir au Canada. Veuillez, etc. MAX RATEAU. |
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